L’évolution de l'emploi au Canada au cours des 12 derniers mois s'est soldée par 348 000 emplois supplémentaires (chiffres estimés), soit une croissance de 2,1 %, le travail à temps plein connaissant une hausse deux fois plus importante que le travail à temps partiel. Cependant, certains secteurs, comme celui des services, restent friands des contrats à temps partiel, qui offrent une flexibilité inégalable face aux fluctuations du marché.
Construction et finance
La construction et la finance ont contribué à cette croissance de l’emploi, tout particulièrement la construction, avec une hausse de 113 000 travailleurs dans cette seule branche, soit l’augmentation la plus forte toutes branches confondues. Or, depuis les années 1990, cette industrie privilégie le travail à temps partiel, tant pour la main d’œuvre que pour l’expertise des retraités désireux de vendre leur expérience. D’ailleurs, ce sont les retraités de la construction qui sont les plus enclins à retrouver une activité. Les autres étant majoritairement les retraités du secteur des communications et des loisirs.
Administration publique et enseignement
Entre la fin des années 1980 et l’année 2000, les emplois à temps partiel avaient plus que doublé dans les services gouvernementaux, les sciences naturelles et appliquées. Cependant, la Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC) a déclaré en début d’année qu’elle doutait que le secteur public continue d’employer dans une telle proportion des travailleurs à temps partiel dans les mois à venir.
L’enseignement semble être un secteur propice au travail à temps partiel. Durant les années 1990, le nombre d’enseignants à temps partiel dans les universités a augmenté de 10 % alors que les emplois à temps plein ont baissé de 8 %. Les plus fortes hausses ont été observées en Nouvelle-Écosse, dans les provinces maritimes ainsi qu’en Colombie-Britannique, tandis que l’Ontario semblait être à contre-courant, enregistrant une baisse des effectifs autant dans le travail à temps plein qu’à temps partiel…
Les services
Le secteur des services couvre un vaste éventail d'activités économiques. Dans l’Ontario, par exemple, il emploie près des trois quarts des travailleurs. Cette province a connu sur une période d’un an une croissance de 2,2 % de ses emplois à temps plein et de 2,1 % pour ses emplois à temps partiel. En avril, on comptait ainsi une augmentation de 22 000 travailleurs dans un secteur traditionnellement grand consommateur de temps partiel, celui de l’hébergement et des services de restauration. Une étude a également montré, toutes provinces du Canada confondues, qu’un vendeur sur deux est employé à temps partiel. Il en va de même pour les caissiers.
Évolution des mentalités
Le travail à temps partiel n’est plus l’apanage des jeunes et des femmes. On distingue depuis quelques années une réelle tendance chez les retraités à retourner, volontairement ou non, à la vie active : pour cette force de travail, le meilleur moyen de concilier retraite et emploi est le temps partiel. Cependant, il semblerait que certaines professions (plombiers, électriciens, charpentiers et travailleurs spécialisés) favorisent davantage une envie d’activité indépendante plutôt que salariée sous les ordres d’une tierce personne. L’analyse de la Banque Canadienne Impériale de Commerce va dans le même sens : elle prévoit une hausse des travailleurs autonomes plutôt que des salariés à temps partiel. Peut-être une bonne nouvelle pour des jeunes en manque d’expérience cherchant un travail à temps partiel?
Emplois à temps partiel par province du Canada
|
Province |
Croissance entre juin 2007 et juin 2008 (en %) |
Effectifs en juin 2008 (en milliers) |
|
Terre-Neuve et Labrador |
12,7 |
34,6 |
|
Île-du-Prince-Édouard |
-6,8 |
11 |
|
Nouvelle-Écosse |
0,6 |
83,3 |
|
Nouveau-Brunswick |
1,6 |
57,9 |
|
Québec |
0,5 |
713,3 |
|
Ontario |
2,1 |
1 219 |
|
Manitoba |
0,7 |
120,4 |
|
Saskatchewan |
-9,5 |
90 |
|
Alberta |
-0,1 |
312,5 |
|
Colombie-Britannique |
2,7 |
464,7 |